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La vérité sur le triple crime le plus célèbre .

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Le dernier PV d'audition par le juge Periès.

 
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gorenflo


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MessagePosté le: 2012-08-02, 09:45    Sujet du message: Le dernier PV d'audition par le juge Periès. Répondre en citant

Bonjour à tous, 


A l'approche du 60ème anniversaire de l'affaire, un petit cadeau.
Le juge Periès entend Gaston pour la dernière fois, le 21 avril 1954. Il en profite pour récapituler l'ensemble de l'affaire. 


Le PV est très intéressant par son côté synthétique et, quand on arrive au bout, on se dit que tout de même, la barque est chargée pour le patriarche.
Je place, ci-après, en deux parties, un résumé de ce PV. Certes, pour ceux qui connaissent bien l'affaire, ça peut paraître un peu inutile, quoique. Mais pour
d'autres, ce résumé permet de "réviser" ses connaissances dominiciennes : 


Le juge commence par reprendre brièvement les premières constatations du 5 au matin. Puis il explique l'itinéraire des Drummond en France, leur arrivée à Digne
le jeudi 31 août, le paiement des places pour le spectacle taurin du lundi 4, la confirmation par les Marrian du fait qu'ils devaient camper au retour et passer par 
Aix en Provence, la confirmation par des témoins de leur présence à Digne pour le spectacle précité et, toujours selon les témoins, leur départ de Digne un peu 
avant 19h00 (départ qui, au passage, se fait depuis le centre ville et met par terre le témoignage du gendarme Marque). 


Le juge continue en disant que les Drummond se sont donc installés vers 19h30 sur le lieu de leur campement. Il rappelle à Gaston que celui-ci aurait été un des 
premiers à les voir, vers 20h00, selon ses propres déclarations, suivi en cela par Gustave qui intervient vers 20h30 sur l'éboulement. Le magistrat évoque alors 
la première audition de Gustave par les gendarmes le 5 août qui a permis de connaître l'heure du crime. Il poursuit avec la découverte de la carabine et de l'éclat de bois
ainsi que des douilles sur terrain et du fait que le chargeur est vide.


Il en tire une première remarque intéressante : " En même temps que la carabine avait été retrouvé un chargeur vide. Or, six ou sept coups de feu seulement avaient 
été perçus dans la nuit alors que la contenance de ce chargeur était de 15 cartouches. De plus, le meurtrier, après avoir épuisé cette maigre provision de munitions
s'était trouvé dans l'obligation de se servir de la crosse pour abattre Elizabeth Drummond. 
Il était raisonnable d'en déduire que  le crime n'avait pas été préparé de longue date par son ou ses auteurs."


Il poursuit en expliquant que le tireur ne devait pas bien connaître le maniement de l'arme du fait de la découverte des cartouches sur le terrain. 


Malgré le suivi de nombreuses pistes, les recherches s'orientaient vers quelqu'un de la région car le juge indique "qu'il paraissait d'abord peu probable qu'une personne
venant de loin ait pu transporter, sans attirer l'attention, une arme aussi encombrante". 
" D'autre part, il était porté à la connaissance de la Police que des habitants de la région étaient possesseurs  d'armes identiques qui leur avaient été remises lors de la 
Libération du territoire par des soldats américains. Il fut établi que les Maquis Provençaux n'avaient jamais été munis de carabines semi-automatiques et que les premières 
étaient entrées en France portées par les armées de débarquement."


Il explique alors que le premier objectif de la police a été d'identifier le propriétaire de la carabine. La réaction de Clovis tombant à genoux a contribué à orienter l'enquête
vers les Dominici. La police a étudié les déclarations et le comportement des membres de ladite famille, notamment Gaston et Gustave, et les premières invraisemblances sont vite apparues : 


- le fait que ni l'un ni l'autre n'ait pu situer la direction dans laquelle les coups de feu avaient été tirés
- qu'aucun cri n'ait été entendu
- que Gustave qui pense que les campeurs sont attaqués n'aille pas au moins retrouver son père dans sa chambre pour "prendre son avis"
- que le même Gustave n'aille pas dès le lever du jour voir ce qu'il en est mais attende 05h30 (il fait jour depuis une heure) et se rende directement vers l'éboulement sans passer par le campement


Le juge continue en exposant qu'à compter du 18 août, des soupçons plus forts se sont portés vers Gustave : 


- Celui-ci avait déclaré qu'après la découverte du corps il n'avait eu comme premier souci que de donner l'alerte, or il avait pu être établi qu'il avait laissé passer, sur la route, une Vespa suisse. 
- Il avait pu être établi qu'il n'avait pas prévenu Olivier au débouché du chemin mais, selon ses propres déclarations (Forcalquier, début septembre), alors qu'il était à deux mètres devant le capot 
de la voiture Hiillman. 
- Suite à la déclaration de Maillet, il était apparu qu'il avait découvert Elizabeth encore vivante alors qu'il avait parlé à Olivier, quelques minutes plus tard, d'un "cadavre". Sur ce point, le juge
précise que, probablement, Gustave a encore menti en parlant d'une découverte de la fillette à 05h30 puisque, selon les médecins, elle n'a pu survivre plus d'une heure à ses blessures et que, 
vraisemblablement, les coups ont été portés peu de temps après la mort des parents. 
- Le 27 janvier, Paul Maillet a parlé de la remarque de Gustave " si tu avais vu, si tu avais entendu..."
- Le 7 mai, Roger Perrin a déclaré qu'Yvette lui avait parlé de la venue des Anglaises le 4 au soir à la ferme et du fait que Gustave s'était levé à 04h00 et non à 05h30 pour aller à l'éboulement. 


Le juge poursuit en analysant ensuite l'attitude de Gaston : 


- Autant Gaston parlait facilement de la pluie et du beau temps avec les enquêteurs, autant il s'emportait dès qu'était évoqué le triple meurtre
- Il revient sur la découverte de l'éclat de bois revendiquée par Gaston et qui s'avère être une fausse déclaration. 
-Il s'étonne du fait que seul Gaston, parmi les membres de la famille, n'ait pas su que Gustave avait découvert l'enfant encore vivante. 
- Il s' étonne du fait que Gaston n'ait pas jugé bon, le matin, d'aller lui aussi jeter un coup d'œil vers l'éboulement et parte du côté opposé avec ses chèvres. 
- Il s'interroge enfin sur le refus de Gaston d'admettre que des camions américains se sont arrêtés près de chez lui alors que de nombreuses fermes ont reçu leur visite et que Bastide en témoigne.  


Le juge évoque alors le déplacement établi du corps d' Anne Drummond et explique qu'on ne peut, selon toute probabilité, que l'attribuer  à quelqu'un de la Grand Terre. Un étranger, 
alors qu'il faisait jour, n'aurait pas pris un tel risque. 


Il en arrive ainsi aux aveux de Gustave sur sa propre attitude, le 12 novembre 1953 (déplacement du corps, notamment). Il évoque ses accusations du 13 contre Gaston, la confirmation de Clovis, 
le transport à la ferme pour que les deux frères désignent l'emplacement de la carabine. Il précise qu'à ce moment les déclarations des deux frères avaient été reçues avec une "certaine 
circonspection". 


Il en vient aux aveux de Gaston, ses premières "ondulations", puis sa déclaration. Le juge, indirectement, justifie ainsi son attitude face aux aveux discutables de Gaston : 


" C'est ainsi qu'a été recueilli et transcrit avec la plus grande fidélité, le récit que vous nous avez fait de la nuit tragique. C'était bien d'un récit qu'il s'agissait et non d'un interrogatoire 
car, mis au courant de la série d'aveux et rétractations de la veille, rendu sceptique aussi par l'attitude que vous veniez de manifester devant nous quelques instants auparavant, nous 
tenions plus que jamais à porter un jugement sur la valeur de vos aveux. Pour cela, il convenait de vous laisser expliquer librement en vous posant le minimum de questions sans vous 
interrompre ni vous contredire, ce qui fut fait. "  


Il continue avec la suite des aveux et explique ainsi qu'il a jugé bon de procéder à une reconstitution sur les lieux pour s'assurer que les aveux "tenaient la route". A cette occasion, il 
a noté des contradictions entre les déclarations de Gaston et les constatations médicales (coups de feu) puis évoque la course rapide de Gaston pour expliquer qu'il a pu 
rattraper la petite, sa tentative de suicide. 


Il précise un point intéressant qui, me semble-t-il, vient en contradiction avec ce que 'on peut lire ailleurs. Il écrit : 


" Il faut ajouter que vos gestes ne nous ont pas permis de nous rendre compte si vous connaissiez le fonctionnement de la carabine américaine. Vous vous étiez borné, en effet, 
à mimer chaque coup de feu sans indiquer si chaque fois vous aviez réarmé comme il était probable que l'avait fait le meurtrier. "


La suite un peu plus tard. Cordialement. 
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MessagePosté le: 2012-08-02, 09:45    Sujet du message: Publicité

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gorenflo


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MessagePosté le: 2012-08-02, 15:19    Sujet du message: Le dernier PV d'audition par le juge Periès. Répondre en citant

Suite du post précédent : 


Le juge Periès rappelle à Gaston Dominici qu'en définitive il était inculpé le 16 novembre de triple assassinat et lui rappelle qu'il a confirmé ses déclarations du 15 novembre précisant
qu'il était ivre au moment des faits.  


Il lui rappelle ensuite ses rétractations et l'invocation de la fatigue face aux interrogatoires des policiers ainsi que le motif de la crainte de voir se renouveler cet interrogatoire qui, 
selon Gaston, l'aurait poussé à avouer. Mais le juge avance aussi le fait que les premiers aveux ont été faits devant des fonctionnaires qui n'étaient pas au courant de l'enquête à 
un moment où il pouvait justement se reposer. Par ailleurs, certains détails fournis par Gaston n'étaient pas connus des fonctionnaires en question. 


Le juge ajoute : " Au surplus, votre déclaration relative à l'attitude des policiers qui le 14 novembre vous auraient fait comprendre que le coupable était votre fils Gustave ne 
résistait pas à l'examen. Il apparaissait, en effet, invraisemblable et contraire à toute logique que pour obtenir vos aveux, la police judiciaire ait eu recours à un tel procédé
alors qu'à ce moment elle était en possession des déclarations accusatrices de vos deux fils"


Un peu plus loin : " Nous vous avons encore objecté que cet autre motif que vous invoquiez pour expliquer cette reconnaissance de culpabilité, à savoir la crainte d'être à nouveau
interrogé par la police, n'était plus valable dès l'instant où vous aviez comparu devant nous."


Le juge rappelle ensuite à Gaston les confrontations faites avec Guerino et Bocca, précisant que Gaston n'a pas nié avoir tenu les propos que lui prêtaient ces policiers mais avoir 
dit qu'il ne se souvenait pas les avoir prononcés. Il lui rappelle aussi les déclarations de ses deux fils, les revirements de Gustave, les auditions des autres frères et sœurs.  


Il termine son procès-verbal par un rappel des expertises sur le graissage des armes qui indique que le graissage de la Rock Ola présente des ressemblances avec celui des armes de 
Clovis et aussi par quelques mots sur la personnalité de Gaston. Il lui rappelle notamment qu'il aurait " assez sérieusement blessé à Entrevennes un sieur MOISSON en lui 
assénant un coup de bâton sur la tête. De même, en 1925, vous vous seriez battu à Ganagobie avec un sieur Giraud que vous auriez poursuivi une hache à la main. "


Gaston prend acte de tout ce qui a été dit et déclare : 


" Je vous l'ai déjà dit, vous avez refusé de me confronter avec les membres de ma famille, je ne vous dirai plus rien. Quant aux faits de violence qu'on me reproche, ils ont été 
inexactement rapportés. 
C'est moi qui, en 1897, ai reçu un coup de bâton de la part du sieur Moisson et, en 1925, j'ai séparé, à Ganagobie, les deux frères GIRAUD qui étaient aux prises. 
Il faut que vous ne sachiez plus quoi dire pour me rappeler des faits de cette nature. Une fois de plus, je renouvelle que je suis innocent. "




Voilà, de manière évidemment très succincte le contenu de cette déclaration. A chacun d'apprécier. 


Cordialement. 


P.S : Pour certains qui s'interrogent parfois sur le fait que les Anglaises se soient déshabillées vers 20h40 et auraient été vues par Gustave, il ne faut pas oublier que l'heure d'été 
n'existait pas à l'époque. Donc, pour se faire une idée précise de l'état de l'obscurité à ce moment, il faut regarder à l'extérieur à 21h30 - 21H40. C'est la bonne période, évidemment. 
Vous verrez qu'à ce moment c'est plutôt sombre et qu'elles ne se livraient donc pas à une exhibition en pleine lumière. 
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Picanto
Invité

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MessagePosté le: 2012-08-02, 23:21    Sujet du message: Le dernier PV d'audition du juge Péries... Répondre en citant

  Bonsoir

 Excellente cette synthèse que tu nous fais, des éléments de l'accusation de Gaston.
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Nicolas


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MessagePosté le: 2012-08-02, 23:48    Sujet du message: Le dernier PV d'audition par le juge Periès. Répondre en citant

Bonsoir à tous , bonsoir Gorenflo,


Oui , je suis d'accord avec Picanto ,  ce Pv est très  explicite . Ils avaient cerné le problème  . 


Gorenflo écrit. 


Citation:
P.S : Pour certains qui s'interrogent parfois sur le fait que les Anglaises se soient déshabillées vers 20h40 et auraient été vues par Gustave, il ne faut pas oublier que l'heure d'été n'existait pas à l'époque. Donc, pour se faire une idée précise de l'état de l'obscurité à ce moment, il faut regarder à l'extérieur à 21h30 - 21H40. C'est la bonne période, évidemment. 
Vous verrez qu'à ce moment c'est plutôt sombre et qu'elles ne se livraient donc pas à une exhibition en pleine lumière. 

Note: 1  Évaluer: Plus - Moins






http://crimedelurs.xooit.com/t1094-Le-dernier-PV-d-audition-par-le-juge-Per…
Voilà qui nous rapproche de l'heure du crime . Nous savons depuis peu qu'elle(Anne ) avait enfilé la robe à fleurs pour la nuit . 
Contrairement à l'idée reçue prétendant qu'elle ait dormi avec la robe qu'elle devait porter le lendemain . Donc, ce qu'a du voir Gustave dans l'obscurité c'est quand elle enlevait sa robe pour enfiler l'autre . De quoi émouvoir un rustre à cette heure ... J’imagine bien le "film"qui s'est passé dans sa tête ..

Pour revenir sur l'heure choisie par Anne pour se changer , gorenflo nous confirme bien qu"elle avait attendu l'obscurité naissante pour ce faire .





_________________
Cordialement .


Dernière édition par Nicolas le 2014-11-03, 09:19; édité 1 fois
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Nicolas


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MessagePosté le: 2012-08-03, 10:15    Sujet du message: Le dernier PV d'audition par le juge Periès. Répondre en citant

Bonjour amis , 
Gorenflo écrit :
citation de Péries :

 
Citation:
Il en tire une première remarque intéressante : " En même temps que la carabine avait été retrouvé un chargeur vide. Or, six ou sept coups de feu seulement avaient été perçus dans la nuit alors que la contenance de ce chargeur était de 15 cartouches. 
De plus, le meurtrier, après avoir épuisé cette maigre provision de munitionss'était trouvé dans l'obligation de se servir de la crosse 
pour abattre Elizabeth Drummond. 
Il était raisonnable d'en déduire que  le crime n'avait pas été préparé de longue date par son ou ses auteurs."





Encore moins par des tueurs commandités venus de loin pour exécuter un espion , une espionne , et une future espionne !
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Cordialement .
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 05:40    Sujet du message: Le dernier PV d'audition par le juge Periès.

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